Amusant : portrait des Présidents de parti dans Vers l’Avenir
Publié le
par fandeconstant
Di Rupo, le sphinx et le phénix
A l'agonie il y a quelques jours encore, Élio Di Rupo renaît une nouvelle fois de ses cendres et savoure tranquillement.
Martial DUMONT
On lecroyait à terre, usé, lessivé, miné par les affaires qui allaient amener son parti tout droit dans l'opposition, conclusion logique d'une rénovation manquée. On le pensait KO pour le compte sous les coups de boutoir façon Pulp Fiction de Reynders qui employait l'arme atomique là où tout le monde emploie l'arme conventionnelle. Et on le voyait lassé, soufflant, se demandant ce qu'il avait fait pour que personne ne s'intéresse « au fond » et au bilan du PS. Abattu aussi par la maladie de son frère, décédé hier midi des suites d'une longue maladie.
Dix fois, vingt fois, on lui a demandé s'il était prêt à démissionner en cas de raclée historique lors des élections. On en était à chercher le nom de son successeur.
Et puis le voilà, au lendemain du scrutin, qui a rebondi une fois de plus. Reparti comme en '40. Drôle de zèbre, ce Di Rupo. Curieux phénix.
Cet espèce de miracle permanent, de résurrection perpétuelle, est évidemment due à une furieuse envie de s'accrocher au pouvoir.
Mais sa longévité, il la doit aussi à un sens aigu de la stratégie politique et à un culot monstre.
Ainsi, durant les derniers mois, il a endossé une énorme carapace pour encaisser les missiles d'en face. Jamais il n'est sorti de ses gonds. Jamais il n'a réagi à une agression par une autre. Pas d'escalade. un vrai sphinx. Il a attendu, arc-bouté, en se disant que sa patience payerait... et que la crise gouvernementale fédérale puis bancaire ferait le reste.
Coup de poker Puis vint l'affaire Donfut, ultime clou dans son cercueil pensait-on. Et les sondages. Ces « maudits » sondages qui donnaient le PS plus bas que terre. Incompréhensible pour Di Rupo qui n'imaginait pas, que les électeurs puissent envoyer « sa » gauche dans l'opposition à un moment où, estime-t-il, les valeurs du PS prennent une importance fondamentale. Et ces sondages, il les a bien interprétés. Contrairement à Reynders qui est tombé dans le piège.
Alors, Di Rupo a été rechercher ses ouailles par la main. En ostracisant le MR. En bipolarisant le débat. En expliquant qu'un gouvernement sans le PS mènerait au bain de sang social à tous les coups.
Son « je ne gouvernerai pas avec le MR » un soir, sur la RTBF, a sonné comme un rassemblement des troupes. Fini de rire les amis, expliquait-il en substance. « La gauche, le social, c'est nous ».
Ce disant, il savait très bien qu'il allait mobiliser l'énorme machine de guerre militante socialiste. Et rallier à sa cause une partie des indécis. Mais aussi une partie de l'électorat de gauche d'Écolo de plus en plus effrayé par la perspective d'une alliance avec les libéraux de Reynders.
Ce soir-là à la télé, Di Rupo a marqué des points. Il a joué un véritable coup de poker de dernière minute qui lui a permis de limiter la casse au soir du 7 juin en causant un véritable électrochoc.
Il aurait pu tout perdre, aussi, y compris sa présidence.
Il a pris le risque. Au bon moment. Et ça lui a réussi. Et le voilà aujourd'hui sur le point de négocier un Olivier à Bruxelles et en Wallonie.
Avec, cerise sur le gâteau pour lui, le plaisir de voir Reynders sur un siège éjectable.
Reynders assis sur un volcan
Didier Reynders est assis sur un volcan de militants décus. Il est prié d'amener le MR au pouvoir. Sinon, ça pourrait chauffer pour lui.
Catherine ERNENS
Louis Michelfaisait « une gueule jusque par terre ». Didier Reynders r avalait sa salive nerveusement. Il régnait une ambiance glaciale au bureau de parti du MR, lundi matin. Personne n'a applaudi les 300 000 voix de Louis Michel. Personne n'a applaudi non plus Didier Reynders. Sauf quand les caméras sont entrées. Là, les mandataires MR ont gentiment tapoté dans les mains.
Silence lourd. Critiques rares. Une mandataire l'a ouverte. Elle a reproché au patron des bleus de ne pas vouloir reconnaître la défaite. Le débat a flotté autour de cette question. Reconnaître le recul publiquement, oui ou non. Puis, les mouches ont volé.
Les libéraux sont mal dans leur peau. Ils sont désarçonnés par le soutien que le PS a finalement reçu. « On essaie de comprendre. On dit que le MR en a remis une couche en trop les deux dernières semaines », explique un élu. « On est même en dessous des scores de 1995 », signale un mandataire libéral, très amer.
La base en veut au patron. « On nous a resservi Ducarme qui a oublié sa déclaration d'impôt alors que le PS a traversé 32 vrais scandales en vingt ans . Pourquoi ?», dit un militant. Et de reprocher : « à force de taper, Didier Reynders a fait peur. Et n'a pas parlé de nos projets, de nos valeurs » .
C'est la tragédie du chef. Dans la victoire, il reçoit souvent les lauriers. Dans la défaite, il porte toujours la croix. En 2007, quand Reynders avait gagné son pari et son centre de gravité, il s'était montré plus dur que cette fois pendant la campagne. Mais ici, le MR ressort affaibli, limite groggy. Alors, c'est la faute à Reynders et à son insupportable arrogance.
Lundi matin, au bureau du MR, l'atmosphère était étouffante. Olivier Maingain, le président du FDF, est intervenu. « Il faut être unis », a-t-il plaidé. Les libéraux se sont tous mis en ordre de marche derrière une position collective. Négocier une majorité à Bruxelles, d'abord. Et puis voir venir.
Entre les « Reynders boys » et les « Michel boys »
C'est entendu. Personne ne mettra le feu tant que le MR garde une chance d'être au pouvoir. « Il n'y a pas eu de révolution de palais. Pas encore. Mais si le MR est jeté pour dix ans dans l'opposition à Bruxelles et en Wallonie, ça va barder », prévient un responsable du parti.
Si le MR devait se reprendre cinq ans d'opposition, la fracture interne du parti pourrait alors éclater au grand jour. Entre le courant anti-socialiste très fort, très agressif, celui des « Reynders boys ». Et le courant plus fédérateur, plus rond, celui des « Michel boys ». Le parti est divisé. Les deux leaders ont chacun leurs alliés.
C'est pour cette raison qu'un coup à la Bart Somers n'a pas eu lieu au MR. Et n'aura pas lieu. Somers, le président de l'Open-VLD, a démissioné dimanche. Il a été remplacé sur le champ par Guy Verhofstadt. Mais le recul des bleus flamands est net, contrairement au MR. Et Somers avait joué à l'amateur en tentant d'acheter un élu de son opposant direct, Jean-Marie Dedecker.
Didier Reynders reste aujourd'hui en place. Il est chargé de trouver la porte d'entrée des majorités régionales. Il a envoyé son éclaireur, dans ce but, Armand de Decker. « Mais est-ce la bonne personne , franchement? », interroge un proche. « Il est conscient de ses limites. Il n'y va même pas lui-même », commente un autre. Reynders joue gros.
Envoyer Louis Michel pour négocier et séduire le grand gagnant reste pourtant un atout majeur pour le MR. « Louis Michel n'a jamais attaqué Écolo pendant cette campagne. Pas une morsure, pas un tackle », fait remarquer un vert. « Le staff Reynders, lui, n'a pas compris ça. » Mais Louis Michel n'apparaît pas, pour l'heure, comme l'alternative évidente pour les libéraux. « Il n'incarne pas précisément le renouveau. Et c'est lui qui a conclu des alliances avec le PS par le passé », raille un membre du bureau. Alors qui s'il fallait remplacer Didier Reynders? Charles Michel, le fils ?
Pendant ce temps, Reynders tente d'être fin et tacticien. Et même serein. Il doit arrêter d'allumer son juke-boxe et de l'agiter dans tous les sens, dès qu'Elio Di Rupo y glisse cinq cents sur un plateau de télévision. Ça vaut en sens inverse pour le président-ennemi du PS. Le volcan de la base libérale tremble. Didier Reynders refroidira-t-il les ardeurs ?
Javaux, le président aimant
Jean-Michel Javaux est le président-héros de ces élections. Tout son parti l'adore. Toute une population l'adule. C'est la nouvelle idole.
Catherine ERNENS
Pari rempli. Progression 100 %. Écolo double ses scores. Les écolos n'en o nt plus que pour l'ami Jean-Mi. Et pour cause.
Enthousiaste et curieux de tout et de chacun, Javaux a pris la tête d'Écolo après les grosses défaites. Il a mené une stratégie de reconstruction section après section, secteur après secteur. Il a construit une toile de relations partout. Dans les syndicats comme dans le monde de l'entreprise. Il a attiré les contraires. Et rassemblé autour de lui. Javaux agit comme président exactement comme un aimant. Cet incroyable travail rend cette victoire encore plus énorme pour lui.
Et puis, Jean-Michel Javaux est le seul président de parti « pur ». Les autres sont tous là depuis très longtemps. Il a de la fraîcheur plein les mains pour ses électeurs. Au moment où les trois autres commencent (ou achèvent) de lasser, Javaux monte en reconnaissance.
Cette victoire lui donne une puissance inespérée. C'est aussi le seul des quatre présidents à reconnaître, à l'aise, ses faiblesses. Il clame qu'il fait la sieste, qu'il fait la fête, qu'il fait passer ses enfants d'abord. Les autres présidents lui lancent des yeux jaloux. On lui pardonne tout. On apprécie même. On dit qu'il n'est pas un malade de pouvoir comme les autres qui cumulent tout.
Javaux incarne aujourd'hui la modernité politique, au-delà de l'écologisme. Il a tourné le dos aux gros pulls en laine de chèvre et aux fromages trop bio. Il préfère parler des gourdes qu'il met dans le cartable de ses enfants alors que leurs petits camarades de classe ont tous des berlingots. De l'écologisme de tous les jours et pour chacun.
Enfin, et c'est une donnée qui pourrait se révéler essentielle, Javaux comme Durant sont les deux seuls à avoir eu le culot, l'audace et l'outrecuidance à mettre le PS dans l'opposition dans leur commune. Javaux est la nouvelle idole de toute une région. C.Ern.
Di Rupo, le sphinx et le phénix
A l'agonie il y a quelques jours encore, Élio Di Rupo renaît une nouvelle fois de ses cendres et savoure tranquillement.
Martial DUMONT
On le croyait à terre, usé, lessivé, miné par les affaires qui allaient amener son parti tout droit dans l'opposition, conclusion logique d'une rénovation manquée. On le pensait KO pour le compte sous les coups de boutoir façon Pulp Fiction de Reynders qui employait l'arme atomique là où tout le monde emploie l'arme conventionnelle. Et on le voyait lassé, soufflant, se demandant ce qu'il avait fait pour que personne ne s'intéresse « au fond » et au bilan du PS. Abattu aussi par la maladie de son frère, décédé hier midi des suites d'une longue maladie.
Dix fois, vingt fois, on lui a demandé s'il était prêt à démissionner en cas de raclée historique lors des élections. On en était à chercher le nom de son successeur.
Et puis le voilà, au lendemain du scrutin, qui a rebondi une fois de plus. Reparti comme en '40. Drôle de zèbre, ce Di Rupo. Curieux phénix.
Cet espèce de miracle permanent, de résurrection perpétuelle, est évidemment due à une furieuse envie de s'accrocher au pouvoir.
Mais sa longévité, il la doit aussi à un sens aigu de la stratégie politique et à un culot monstre.
Ainsi, durant les derniers mois, il a endossé une énorme carapace pour encaisser les missiles d'en face. Jamais il n'est sorti de ses gonds. Jamais il n'a réagi à une agression par une autre. Pas d'escalade. un vrai sphinx. Il a attendu, arc-bouté, en se disant que sa patience payerait... et que la crise gouvernementale fédérale puis bancaire ferait le reste.
Coup de poker Puis vint l'affaire Donfut, ultime clou dans son cercueil pensait-on. Et les sondages. Ces « maudits » sondages qui donnaient le PS plus bas que terre. Incompréhensible pour Di Rupo qui n'imaginait pas, que les électeurs puissent envoyer « sa » gauche dans l'opposition à un moment où, estime-t-il, les valeurs du PS prennent une importance fondamentale. Et ces sondages, il les a bien interprétés. Contrairement à Reynders qui est tombé dans le piège.
Alors, Di Rupo a été rechercher ses ouailles par la main. En ostracisant le MR. En bipolarisant le débat. En expliquant qu'un gouvernement sans le PS mènerait au bain de sang social à tous les coups.
Son « je ne gouvernerai pas avec le MR » un soir, sur la RTBF, a sonné comme un rassemblement des troupes. Fini de rire les amis, expliquait-il en substance. « La gauche, le social, c'est nous ».
Ce disant, il savait très bien qu'il allait mobiliser l'énorme machine de guerre militante socialiste. Et rallier à sa cause une partie des indécis. Mais aussi une partie de l'électorat de gauche d'Écolo de plus en plus effrayé par la perspective d'une alliance avec les libéraux de Reynders.
Ce soir-là à la télé, Di Rupo a marqué des points. Il a joué un véritable coup de poker de dernière minute qui lui a permis de limiter la casse au soir du 7 juin en causant un véritable électrochoc.
Il aurait pu tout perdre, aussi, y compris sa présidence.
Il a pris le risque. Au bon moment. Et ça lui a réussi. Et le voilà aujourd'hui sur le point de négocier un Olivier à Bruxelles et en Wallonie.
Avec, cerise sur le gâteau pour lui, le plaisir de voir Reynders sur un siège éjectable.
Reynders assis sur un volcan
Didier Reynders est assis sur un volcan de militants décus. Il est prié d'amener le MR au pouvoir. Sinon, ça pourrait chauffer pour lui.
Catherine ERNENS
Louis Michel faisait « une gueule jusque par terre ». Didier Reynders r avalait sa salive nerveusement. Il régnait une ambiance glaciale au bureau de parti du MR, lundi matin. Personne n'a applaudi les 300 000 voix de Louis Michel. Personne n'a applaudi non plus Didier Reynders. Sauf quand les caméras sont entrées. Là, les mandataires MR ont gentiment tapoté dans les mains.
Silence lourd. Critiques rares. Une mandataire l'a ouverte. Elle a reproché au patron des bleus de ne pas vouloir reconnaître la défaite. Le débat a flotté autour de cette question. Reconnaître le recul publiquement, oui ou non. Puis, les mouches ont volé.
Les libéraux sont mal dans leur peau. Ils sont désarçonnés par le soutien que le PS a finalement reçu. « On essaie de comprendre. On dit que le MR en a remis une couche en trop les deux dernières semaines », explique un élu. « On est même en dessous des scores de 1995 », signale un mandataire libéral, très amer.
La base en veut au patron. « On nous a resservi Ducarme qui a oublié sa déclaration d'impôt alors que le PS a traversé 32 vrais scandales en vingt ans . Pourquoi ?», dit un militant. Et de reprocher : « à force de taper, Didier Reynders a fait peur. Et n'a pas parlé de nos projets, de nos valeurs » .
C'est la tragédie du chef. Dans la victoire, il reçoit souvent les lauriers. Dans la défaite, il porte toujours la croix. En 2007, quand Reynders avait gagné son pari et son centre de gravité, il s'était montré plus dur que cette fois pendant la campagne. Mais ici, le MR ressort affaibli, limite groggy. Alors, c'est la faute à Reynders et à son insupportable arrogance.
Lundi matin, au bureau du MR, l'atmosphère était étouffante. Olivier Maingain, le président du FDF, est intervenu. « Il faut être unis », a-t-il plaidé. Les libéraux se sont tous mis en ordre de marche derrière une position collective. Négocier une majorité à Bruxelles, d'abord. Et puis voir venir.
Entre les « Reynders boys » et les « Michel boys »
C'est entendu. Personne ne mettra le feu tant que le MR garde une chance d'être au pouvoir. « Il n'y a pas eu de révolution de palais. Pas encore. Mais si le MR est jeté pour dix ans dans l'opposition à Bruxelles et en Wallonie, ça va barder », prévient un responsable du parti.
Si le MR devait se reprendre cinq ans d'opposition, la fracture interne du parti pourrait alors éclater au grand jour. Entre le courant anti-socialiste très fort, très agressif, celui des « Reynders boys ». Et le courant plus fédérateur, plus rond, celui des « Michel boys ». Le parti est divisé. Les deux leaders ont chacun leurs alliés.
C'est pour cette raison qu'un coup à la Bart Somers n'a pas eu lieu au MR. Et n'aura pas lieu. Somers, le président de l'Open-VLD, a démissioné dimanche. Il a été remplacé sur le champ par Guy Verhofstadt. Mais le recul des bleus flamands est net, contrairement au MR. Et Somers avait joué à l'amateur en tentant d'acheter un élu de son opposant direct, Jean-Marie Dedecker.
Didier Reynders reste aujourd'hui en place. Il est chargé de trouver la porte d'entrée des majorités régionales. Il a envoyé son éclaireur, dans ce but, Armand de Decker. « Mais est-ce la bonne personne , franchement? », interroge un proche. « Il est conscient de ses limites. Il n'y va même pas lui-même », commente un autre. Reynders joue gros.
Envoyer Louis Michel pour négocier et séduire le grand gagnant reste pourtant un atout majeur pour le MR. « Louis Michel n'a jamais attaqué Écolo pendant cette campagne. Pas une morsure, pas un tackle », fait remarquer un vert. « Le staff Reynders, lui, n'a pas compris ça. » Mais Louis Michel n'apparaît pas, pour l'heure, comme l'alternative évidente pour les libéraux. « Il n'incarne pas précisément le renouveau. Et c'est lui qui a conclu des alliances avec le PS par le passé », raille un membre du bureau. Alors qui s'il fallait remplacer Didier Reynders? Charles Michel, le fils ?
Pendant ce temps, Reynders tente d'être fin et tacticien. Et même serein. Il doit arrêter d'allumer son juke-boxe et de l'agiter dans tous les sens, dès qu'Elio Di Rupo y glisse cinq cents sur un plateau de télévision. Ça vaut en sens inverse pour le président-ennemi du PS. Le volcan de la base libérale tremble. Didier Reynders refroidira-t-il les ardeurs ?
Javaux, le président aimant
Jean-Michel Javaux est le président-héros de ces élections. Tout son parti l'adore. Toute une population l'adule. C'est la nouvelle idole.
Catherine ERNENS
Pari rempli. Progression 100 %. Écolo double ses scores. Les écolos n'en o nt plus que pour l'ami Jean-Mi. Et pour cause.
Enthousiaste et curieux de tout et de chacun, Javaux a pris la tête d'Écolo après les grosses défaites. Il a mené une stratégie de reconstruction section après section, secteur après secteur. Il a construit une toile de relations partout. Dans les syndicats comme dans le monde de l'entreprise. Il a attiré les contraires. Et rassemblé autour de lui. Javaux agit comme président exactement comme un aimant. Cet incroyable travail rend cette victoire encore plus énorme pour lui.
Et puis, Jean-Michel Javaux est le seul président de parti « pur ». Les autres sont tous là depuis très longtemps. Il a de la fraîcheur plein les mains pour ses électeurs. Au moment où les trois autres commencent (ou achèvent) de lasser, Javaux monte en reconnaissance.
Cette victoire lui donne une puissance inespérée. C'est aussi le seul des quatre présidents à reconnaître, à l'aise, ses faiblesses. Il clame qu'il fait la sieste, qu'il fait la fête, qu'il fait passer ses enfants d'abord. Les autres présidents lui lancent des yeux jaloux. On lui pardonne tout. On apprécie même. On dit qu'il n'est pas un malade de pouvoir comme les autres qui cumulent tout.
Javaux incarne aujourd'hui la modernité politique, au-delà de l'écologisme. Il a tourné le dos aux gros pulls en laine de chèvre et aux fromages trop bio. Il préfère parler des gourdes qu'il met dans le cartable de ses enfants alors que leurs petits camarades de classe ont tous des berlingots. De l'écologisme de tous les jours et pour chacun.
Enfin, et c'est une donnée qui pourrait se révéler essentielle, Javaux comme Durant sont les deux seuls à avoir eu le culot, l'audace et l'outrecuidance à mettre le PS dans l'opposition dans leur commune. Javaux est la nouvelle idole de toute une région. C.Ern.